Tome premier. L'école.
Tel qu'en un ancien Premier livre.
    On a dit dans notre introduction que Fontaine aux Allemands fut colonisée dès le milieu du XVIe siècle, à la limite cinquante ans au plus tard. Nous reviendrons un jour sur ces premiers pas. 
    Longtemps, tandis qu'une instruction commençait à être donnée au village du Lieu, premier hameau de la Vallée scolarisé, il n'y eut aucun enseignement à la Fontaine aux Allemands. Ce n'est que danas la deuxième moitié du XVIIe siècle que les premiers rudiments d'une instruction scolaire purent être donnés aux enfants de ce hameau. 
    Une scolarisation existe de manière certaine dès 1690. Un document, que l'on retrouvera en copie au terme de notre étude, le prouve. Désormais il n'y aura plus d'interruption dans cet enseignement qui se donnera jusqu'en 1876, année où l'école de FA ferme ses portes, les élèves devant désormais se rendre au hameau de Combenoire sous-jacent. Y enseignait alors Constant Piguet, celui-là même qui avait enseigné à FA. 
    Car voilà ce qu'il faut retenir. Il n'y eut jamais qu'un seul maître pour ces deux collectivités. Avec un régime qui put varier. Un temps ce fut une école le matin à Combenoire, par exemple, et une l'après-midi à Fontaine aux Allemands. Un autre temps ce fut un jour en bas, le lendemain en haut. Si bien que tous les élèves de ces deux hameaux ne jouissaient en fait que d'un enseignement tronqué, c'est-à-dire bien modeste où les enfants pourtant apprirent, nous en avons la conviction, à lire et à écrire, à calculer, aussi bien que dans tous les autres villages de la commune mieux favorisés. 
    L'archiviste communal de l'époque, Mr. Alponse Rochat, eut la chance de retrouver dans le monceau de vieux papiers qu'on lui avait ramené, de nombreux actes et correspondances concernant la marche de l'école de FA. Si bien que l'on peut reconstituer aujourd'hui avec un certain souci du détail ce que fut cet enseignement qui avait pu durer  près de deux siècles. Une durée qu'il faut considérer peut-être comme bien monotone, mais d'une longueur telle qu'on ne saurait ni la sousestimer ni la négliger d'aucune manière. Il y a là tout un monde que tentent de faire revivre ces quelques pages. 
    Naturellement aucune photo ni dessin de l'école. Celle-ci même n'existe plus aujourd'hui, déjà mise en bas au XIXe siècle, alors que la commune avait adopté une politique de destruction d'anciens bâtiments sans affectation particulière tous azimuts. Que pouvaient bien valoir ces anciennes maisons ? 
    Fontaine aux Allemands, où il n'y eut naturellement aucun Allemands, juste peut-être des Allamand, famille vaudoise qui put régner en ces lieux modestes quelques années seulement et puis disparaître sans laisser aucune trace, si ce n'est son  nom. Le mystère sera-t-il même éclairci un jour ?