Tome cinquième, Sur le Crêt.
Que peut-elle être belle une simple fenêtre. Ici, bien sûr, à Sur le Crêt.
    Sur le Crêt, cette étude figure aussi dans notre rubrique concernant les alpages de la Vallée de Joux, puisque cette maison, après avoir été pendant des siècles une simple ferme, avec toutes les commodités propres à cet usage, est devenue alpage. 
    Un coin magnifique, dont le charme se doit probablement en partie à ces grands frênes qui bordent l'allée donnant accès au site. L'hiver c'est encore plus impressionnant. Il y a là une ambiance que l'on ne retrouve nulle part ailleurs à la Vallée. D'autant plus que se s'étend, face à vous, ce noir Risoud dont le mystère reste fascinant. Etrange montagne tout de même, un peu comme si personne n'y avait jamais mis les pieds, et qu'elle restait ainsi à distance, un peu inquiétante, peuplée on ne sait de quels êtres vivants que l'on ne retrouverait pas ailleurs, différents, et surtout quelque part hors du temps. 
    Sur le Crêt, patrie des Cart tout d'abord, puis des Lugrin et des Reymond. Il y avait ici autrefois deux maisons. L'une d'entre elles, dans le courant du XIXe siècle, fut abandonnée. L'autre, très vieille maison, fut reconstruite à la fin de ce même siècle, avec ce que l'on appelle des commodités, c'est-à-dire des chambres  boisées, et au niveau de la cuisine, un four à pain très fonctionnel pour l'époque. Les photos de cet endroit nous ont été confiées par quelque visiteur qui, alors que la façade à vent était complètement démolie, par conséquent ouverte, avait pénétré dans la vieille bâtisse pour en relever les caractéristiques architecturales les plus évidentes. 
    Il s'agit-là d'un petit monde plein d'une douce nostalgie et que chacun sera amené à découvrir avec surprise et fascination.