9. Mai 1944. J'ai quitté Paris à 19 h. 30, par Jean Gueret, dans l'Illustré du 18 mai 1944.
Ils sont là, sur l'Arc de Triomphe, les Allemands...
    Quant aux  Allemands, ils sont là, sur l’Arc de Triomphe, orgueilleux, dont l’un montre du doigt on ne sait trop quel quartier de la ville, à moins que ce soit un monument quelconque. Mais ces hommes ne sont pas seuls. Il y a parmi eux un représentant de la nation française, un chef de police quelconque.    
    On ne peut contempler ce groupe, ce sont pourtant des êtres humains, avec un sentiment de dégoût très prononcé. On sait l’orgueil de ces militaires allemands, et en particulier des officiers, leur incroyable morgue, mais surtout leur profonde  bêtise,  puisque capables de croire que l’on peut tenir éternellement un pays que vous avez envahi par la force. Les français ne sont-ils donc pas heureux sous notre botte, pensent peut-être ces envahisseurs bouffis de leur importance. De leur puissance aussi.  Non, ils ne le sont pas, ils vous haïssent, vous les Boches, et ils n’attendent que le moment de vous repousser en vos frontière à grands coups de pied au cul ! Ce qui ne saurait tarder d’ailleurs, mais hélas à nouveau   avec tous les cadavres que cette remise en ordre devrait coûter,  autant du côté des actuels vainqueurs, que des vaincus de hier qui deviendraient à leur tour des vainqueurs.