9. Le Pont, un hameau pas comme les autres.
Ils firent une nouvelle église au pied de l'Aouille.
    On aurait voulu dire un hameau plus beau que les autres ! Si cela n'avait pas été un peu trop prétentieux. Et pourtant la situation de ce village est unique, en arc de cercle au bout de son lac de Joux. 
    Vu sous la lumière dorée de ce mois de décembre 2014, sans neige, il apparaît impressionnant de beauté. A moins qu'il ne faille considérer que c'est le lac plutôt que le villlage lui-même qui donne tout son charme à ce coin de Vallée. C'est possible. Quoiqu'il en soit, le touriste ne se pose peut-être pas toutes ces questions et va simplement de son petit pas tranquille sur les quais et sait lui aussi profiter de cette lumière. Il respire. Il prend. Il fait collecte d'images. Et tantôt il repartira pour la plaine avec cette impression forte que ce qu'il avait découvert, c'était un petit coin de paradis! 
    Et pourtant, un village, hors de ces clichés, c'est toute une histoire. Il peut avoir des siècles d'existence. Ici pas loin de cinq. Car c'est en effet au début du XVIe que les gens des Grandes Charbonnières, tous Rochat, naturellement, vinrent établir ici  une seconde tente. Ils purent alors partir à l'assaut de cette Dent de Vaulion que l'on n'aperçoit pas d'ici, mais que l'on sait exister. Puisqu'elle vous protège de la bise, puisque c'est contre elle, plutôt ses contreforts, que vous prenez appui.        
    Un village avec une histoire agricole pendant 350 ans, et puis qui soudain se met à dédaigner son territoire pour envisager de vivre désormais surtout de ce que l'on appelle alors "l'industrie des étrangers". Alors on construit des pensions, des hôtels, en même temps que pour tous ces gens venus d'ailleurs et qui laissent ici quelque argent, on développe les sports existants: patinage, ski, bob, et pour l'été canotage, baignade, promenade dans les pâturages voisins, tennis, golf...
    Bref, le village du Pont, dès ce moment-là, se donne un nouveau visage. Si c'est de celui-ci dont nous aurons à parler, nous n'en négligerons pas pour autant une histoire plus ancienne où les gens vivaient exclusivement d'agriculture et d'élevage et ne se posaient pas tant de question: il fallait simplement vivre et croûter!