9. Eugène Rambert parle de Taveyannaz en 1871.
Eugène Rambert (1830-1886).
    L’Alpe de Taveyannaz (1683 m.) appartient aux bourgeois de Gryon. Ils ont aussi une parte d’Anzeindaz, un quart si je ne trompe ; mais Taveyannaz leur appartient tout entier, et ils en sont fiers comme du joyau de leur commune, plus fiers encore que du basin de leur fontaine, en marbre de St-Triphon.    
   
Si l’on en croit quelques économistes, ce système des propriétés communales, toujours désavantageux, l’est surtout en montagne. Les vachers prennent peu d’intérêt aux travaux nécessaires non seulement pour augmenter le produit du sol, mais pour empêcher la ruine graduelle. La commune, de son côté, liée par d’anciennes traditions, laisse aller les choses comme elles ont de tout temps été, et ne soigne pas sa propriété avec l’âpre désir de s’enrichir, qui est le principal mobile des progrès matériels.
  
    
On cite fréquemment les montagnes de Bex à l’appui de cette thèse, et il est vrai que les alpages de Nant et de la Vare, par exemple, sont loin d’être dans un brillant état. La charge de la montagne, c’est-à-dire le nombre de têtes de bétail qu’elle peut nourrir, a considérablement  baissé depuis un siècle.