8. Le temps des cerises, par Jean-Jacques Rousseau.
Épisode des cerises vu par un graveur anonyme.
L’aurore un matin me parut si belle, que, m’étant habillé précipitamment, je me hâtai de gagner la campagne pour voir lever le soleil. Je goûtai ce plaisir dans tout son charme ; c’était la semaine après la Saint-Jean. La terre, dans sa plus grande parure, était couverte d’herbe et de fleurs ; les rossignols, presque à la fin de leur ramage, semblaient se plaire à le renforcer : tous les oiseaux, faisant en concert leurs adieux au printemps, chantaient la naissance d’un beau jour d’été, d’un de ces beaux jours qu’on ne voit plus à mon âge, et qu’on n’a jamais vus dans le triste sol où j’habite aujourd’hui[1].

[1] A Wootton, en Staffordshire.