8. Le Chalet Neuf, entre le Chalet-Brûlé et le Haut-Soulier
Un Chalet Neuf qui n'a pas trop bonne mine
    C'est fini, le vieux chalet au toit à quatre pans, d'une esthétique autrefois solide voire raffinée, n'accueillera plus de bétail ni non plus ne verra de nouvelles fabrications de fromage. On l'a abandonné. Et maintenant il pleure. Il pleure tout seul au bout de sa clairière, pas loin du chemin qui vous a conduit ici, dont les nids de poules seraient bien capables de vous fausser le châssis. Certes, il garde son toit de tôles qui apparaît encore bon. Mais pourquoi alors cette couleur verte de certaines poutres, comme si la charpente était à nu et que de l'intérieur l'on pouvait voir les étoiles ? Est-ce simplement le temps, le fait que les fenêtres n'ont plus de cadre ni de vitres, que les portes restent ouvertes été comme hiver ?
    Et les parties en dur, quelle misère. Voyez-moi cette cheminée désormais sans service, qui monte pourtant encore intacte jusqu'au niveau du toit. Et regardez-moi ces locaux désormais sans affectation où le chenit s'installe, qui n'est autre que la poussière des murs, du sable, quelques pierres, des restants d'une activité depuis longtemps disparue.
    Ce n'est pas gai, non, décidemment un chalet qui pleure. On s'est plu quelquefois à préférer une vieille bâtisse à des chalets restaurés par des bétonneurs patentés.  C'est vrai,  l'alpage, ce n'est pas ça. Mais ce n'est pas non plus l'abandon. Il doit y avoir un juste milieu, un équilibre, qui fait la part des choses, qui surtout respecte les formes et les matériaux...
    Là-bas, plus loin que le chalet, chose que l'on peut aussi voir sur la carte, il y a la grande clairière où les génisses, l'été, pâturent sans se soucier que leurs congénères d'autrefois s'étaient abritées là, sous ce grand toit qui hébergeait aussi des hommes.