8. Ernest Aubert, La Vallée de Joux de 1890 à 1905.
L'agriculture et l'élevage restent des branches de notre tissu économique bien vivantes.
    Toujours dans le cadre des productions de la SVUP (Société vaudoise d'utilité publique), Ernest Aubert, sauf erreur agent de banque au Sentier, donne une suite à l'oeuvre d'Hector Golay. Elle porte sur les années 1890 à 1905.  Ici le narrateur, dans un ton moins passionné que son prédécesseur, fait le point sur ces 15 ans d'activités économiques et sociales de la Vallée de Joux en général, de la commune du Chenit en particulier. 
    Point fort de cette période qui nous fait rentrer dans ce que l'on nommera plus tard la "Belle époque", l'arrivée du chemin de fer au Brassus dès le Pont. Il aura été créé une société, le Pont-Brassus (PBr.) qui, malgré toutes les sommes versées par les communes, non seulement pour les travaux d'installation du chemin de fer, mais pour combler des déficits chroniques, aura toujours de la peine à hisser la tête hors de l'eau. C'est que le prix des billets est élevé, les passagers pas aussi nombreux qu'on le souhaiterait, et que surtout la ligne est d'un entretien toujours coûteux.  On ne roulera jamais sur l'or. Et les belles envolées des discours d'inauguration se sont estompées pour ne plus laisser qu'une compagnie courageuse certes, mais jamais bien vaillante sur le plan des finances. 
    On aura passé le siècle. On aura mis le pied sur un tourisme de masse qui semble ouvrir une voie royale à une nouvelle industrie, celle que l'on nommait à l'époque des étrangers. On s'habille bien, tout progresse régulièrement. La vie est belle, en quelque sorte. Et surtout, mais alors personne ne le sait, il faudrait être désireux, parce que capable de prédire un avenir moins lumineux, d'en profiter au maximum.