88. La bénédiction de Madeleine, par Julie Meylan.
La Crettaz était une maison de ce style.
    Voici l'une des plus belles nouvelles de Julie Meylan. Tout y est, une vieille ferme isolée, le destin qui s'acharne sur une pauvre famille d'ascendance huguenote, cet esprit calviniste austère jusqu'à la fibre!, de hauts personnages peu compatissants, une foule proche de la mendicité qui ne l'est guère plus, et l'éternelle pauvre femme, sorcière sur les bords, dont l'on redoute les maléfices, mais dont par contre les bénédictions sont hautement appréciés.  
    On a pu, selon déduction, situer cette histoire au niveau des Plainoz. Il y a des relents historiques certes, mais aussi Julie Meylan, à son habitude, sait broder. Mais elle le fait de manière si subtile, que l'on s'y croirait et que réellement l'on pourrait se mettre dans la peau de ces braves gens d'autrefois. 
    Un conte, une nouvelle plutôt, à découvrir d'urgence. Elle est pleine de charme, de saveur, de cet autrefois mi-vrai mi-imaginaire que l'on se plaît tant à retrouver.