87. Augustine Meylan, Voyage sur les lacs italiens, 1914.
Verbania-Pallenza, sur le lac Majeur.
    Dimanche matin. Le soleil dans toute sa splendeur se montre et nous partons de Lausanne pour Pallanza à neuf heures, avec des coeurs bien disposés pour un voyage qui nous promettait les plus grandes jouissances dont la belle nature seule a le secret. Nous avons eu beaucoup de chance grâce à Frédéric qui voit tout. Nous voilà bien installés dans un wagon de queue avec tous nos bagages en place qui n'étaient certes pas légers. Cinq minutes avant le départ, Frédéric accourt avec une figure enluminée:  vite il faut déménager. Et  on lance par la fenêtre du wagon nos colis. Se précipiter sur le trottoir fut l'affaire d'une minute. Frédéric venait d'apprendre qu'un wagon venant de Paris était venu s'ajouter au nôtre en tête de ligne et allait direcrtemnt à Stresa, tandis que celui dans lequel nous nous étions installés, devait changer plusieurs fois. Il fallait nous voir. Sans  doute qu'on nous a pris pour des fous!