84. Hector-Albert Rochat, industriel des Charbonnières (1889-1963)
Hector-Albert Rochat
   L'homme était de la famille des Titouillons dont il était un bien digne représentant. Typique de ce bon vieux village des Charbonnières, en ce sens qu'il aura pu goûter, surtout en sa jeune carrière, à l'essentiel de ses activités: amodiation, montage de boîtes à vacherin, affinage, pierre fine, et même employé à la Glacière du Pont. En plus passage à l'administration fédérale en tant que facteur.
    Mais le gros de l'activité professionelle d'Hector-Albert Rochat, ce sera l'usine. Il lance un petit atelier. Puis il rachète l'entreprise Zénith avec son frère Simon. On tombe en pleine crise, dans les années trente. On tire la langue. On lance un commerce de vacherin pour compenser. L'industrie se relevant, on n'en délaisse pas le vacherin pour autant, pratiquant désormais les deux professions.
    L'oncl'Titi, ainsi appelait-on Hector-Albert avait des nièces et neveux plein le village. Et ceux-ci se retrouvaient chez lui pour goûter aux joies de la TV alors qu'ici, dans la localité, il n'y avait encore que trois postes: chez l'oncle, au Terminus et au Cygne. Rien de plus. On fera nos armes chez l'oncle Titi, puis l'on passera plus tard au Terminus. Là-bas, l'hiver, avec nos gros souliers de ski, quel ram dam!
    Mais l'on ne saurait évoquer Hector-Albert sans témoigner de son goût pour la gym. Goût ou religion ? Qui le saura. Mais c'est qu'alors, on en cause, on en cause, de cette gym, de cette sciure qu'on bouffe par les yeux et les oreilles. Partout. Quand on se retrouve au bistrot. Quand on est entre nous, en famille et qu'on soigne ou emboîte des vacherins. Après qu'on soit allé enterrer un mort. Après le bureau de vote. Partout.
C'est la société par excellence. C'est presque celle qui véritablement les a faits, ces gens des Charbonnières. Le vacherin et la gym !