81. Suzanne Daveau, L'estivage des vaches suisses dans le Jura français, L'information géographique, volume 17, no 2, 1953.
Un troupeau passe aux Charbonnières à destination de la France voisine.
    Suzanne Daveau, que l'on connaîtra encore mieux par sa volumineuse étude: Les régions frontalières de la montagne jurassienne, étude de géographie humaine, thèse, 1959, avec ce document plus modeste, paru en 1953, tente de cerner l'origine de l'estivage des vaches suisses dans le Jura français. 
    Origine qui remonte loin dans le temps, au XVIIe selon toute évidence, alors que l'usage de la fabrication du gruyère sur les alpages de toute la région franco-suisse du Jura se généralise et qu'il faut désormais des troupeaux plus nombreux. 
    Suzanne Daveau prend fait et cause pour les propriétaires de bétail français qui se verraient ainsi spoliés d'un vaste territoire dont ils auraient eu l'usage. Peut-être fut-ce vrai pour certaines époques, mais celles-ci furent peu nombreuses. En fait notre auteur, mais elle ne pouvait être en avance sur son temps, sous-estimait la fragilité de l'équilibre pâturages-forêts, les prés-bois, comme on les appelle de l'autre côté de la frontière, qui ne peut être acquis et gardé que par un apport suffisant de bétail, situation qui ne pouvait pas être réalisée de manière satisfaisante par le seul bétail français. D'où cette apport suisse ici parfois quelque peu méconsidéré et qui, l'un dans l'autre, ne faisait pas la fortune de ceux qui le réalisaient.  
    Reste que Suzanne Daveau entreprend pour la première fois  une étude qui, par les nombreux documents qui l'étayent, essayera de remonter aux  origines de cette transhumance d'été animant ces vastes espaces du son nostalgique et doux des clochettes de ces milliers de vaches ayant pris possession du domaine alpestre français. Quelques pages non seulement indispensables, mais fondamentales. Un texte de référence.