80. Quand l'on interrogeait le ciel.
Vous l'aurez reconnue, notre chère colline des Epinettes...
    Autrefois, parce que les métiers vous appelaient souvent dehors et que nous n'étiez pas canfouiné à longueur de journée dans une usine quelconque, on savait lire dans le ciel. Le temps qu'il fera surtout. Il y avait la forme des nuages, leur couleur. Il y avait le sens exact du vent. 
    Mais aussi on savait lire aussi au plus simple niveau. "Les tiges des grandes gentianes ne s'élevaien-telles pas aussi haut que d'ordinaire; les sapins négligeaient-ils de changer de couleur au mois d'août, chacun s'attendait à voir peu de neige l'hiver suivant". 
    Et puis aussi, il y avait l'Almanach du Messager Boiteux, de Vevey principalement. On y croyait dur comme fer. Il ne se trompait pas.
    Alors avec tout ça, non seulement on savait le temps qu'il ferait le lendemain, mais celui de toute la semaine, et même des saisons prochaines. 
    Car le temps, il avait alors toute son importance. Surtout en période de foins, de regains, ou de récolte des céréales. Le temps, c'était en quelque sorte votre survie. Il convenait donc de savoir ce qui vous attendait. D'où la lecture journalière des signes. 
    D'aucuns, des tronches comme on n'en fait plus, vous assuraient même qu'ils ne se trompaient jamais! 
    Sur le même sujet, disponible sur notre site, on consultera l'excellente brochure de Henri Cordier: Quand nos vieux étaient enfants.