78. Les facteurs.
Le courrier passe et se distribue par tous les temps.
    Voilà des hommes qui rendent un service inestimable à la société. Ils vous apportent votre courrier à domicile. Ils vous évitent, tous les jours, de vous rendre dans le village voisin pour aller relever votre boîte postale. Certes, désormais, ils sont pressés et l'on ne discute plus guère avec eux, néanmoins leur présence parmi nos villages, avec leur voiture jaune, est réconfortante. Il y a encore au moins quelque chose qui tient, peut-on se dire. 
    On espère à ne pas avoir à se poser la question: jusqu'à quand ?  Car allez savoir, avec des hommes qui n'ont point de coeur et ne pensent qu'au rendement. Espérons quand même. 
    On les a vu par tous les temps, avec leurs petits charrettes jaunes. Et puis celles-ci remplacées par des autres en alu, plus légère, plus maniables. Tout change, tout passe, tou lasse, c'est le destin de la société qui ne s'arrête jamais, construit l'avenir, qu'on dit, mais sans savoir d'aucune manière ce que celui-ci comporte. Car après l'avenir, il y a un autre avenir, et ainsi de suite. Et l'avenir présent chasse les avenirs passés! 
    Les facteurs, avec leur complet, leur casquette, leur sympathie quand ils rentraient dans les maisons. On les appréciait. C'était un moment de la journée. Quand ils déposaient le courrier sur la table, un paquet, encore des livres, disait notre mère, on était sur ce plan-là inssatiables, on pouvait dire deux mots. On signait le carnet noir qu'il refermait pour mettre dans sa poche ou sa sacoche et le voilà reparti vers d'autres maisons et d'autres ménages. La tournée était longue, avec ces maisons foraines, là-haut. 
    Les facteurs. On en retrouvera quelques-uns dans ce texte qui leur est dédié. Honneur à eux tous qui ont affronté notre climat difficile pour que le courrier... il passe.