77. Marchand d'escargots.
Les escargots, aux Charbonnières, font aussi leur transhumance...
    Une profession bien des Charbonnières. Créée en ce village à la fin du XIXe siècle par le célèbre Albin Rochat-Michel dit Binbin, l'homme aux multiples métiers. Commerce repris ensuite par Georges Martin-Hoffer, puis enfin, qui y mit un point final, par Alain Golay. Une tentative récente tente de relancer le produit.  
    C'était vraiment un commerce particulier, sis aux Crettets, qui se découvraient, lors des cuissons pour la mise en conserve du précieux gastéropode, des odeurs à vous faire tomber raide mort. Et pourtant, gamins, c'est là-bas qu'il fallait aller livrer notre récolte du mois de mai, tous les jours parfois, quand une douce pluie avait fait sortir les "coquillots" de leur léthargie pour s'en aller brouter quelque herbe tendre sur les talus du chemin de fer, le long des murs de pâturages, ou encore sous les orties, aux Cruilles. 
    Nous la faisions, cette visite, pour la simple raison que notre collecte valait de l'or, tout au moins selon nos critères de l'époque où l'argent de poche venu du cercle familial faisait défaut et où il était nécessaire de se débrouiller pour obtenir quelque argent susceptible de nous permettre de combler par des achats divers notre boulimie de produits sucrés ou, ce qui était plus dans nos goûts, celle des illustrés de l'époque. Quelle aventure, mes amis! 
    Simplement que les pauvres gastéropodes n'étaient quant à eux pas si contents que nous, qui avaient pour tout destin de finir ébouillantés vivants dans d'immenses marmites desquelles émergeait une bave immonde que ces bestioles si maltraitées dégorgeaient à qui mieux mieux.
    Ceci dit, les escargots, nous, on les appelait des cotchs!