77. Au pays des fleurs en 1935,  ou quand le professeur Samuel Aubert prend le train pour l'Italie.
San Remo, au bord de la Méditerranée.
    Le train du Simplon s'engouffre dans le tunnel et voici le commissaire italien qui prélève les passeports; puis les douaniers qui visitent sans insister les bagages des voyageurs; quinze minutes plus tard, le jour reparaît et le train poursuit sa route dans cette sauvage vallée de la Doveria profonde coupure dans les granits rouges de la montagne. Puis, c'est Domo d'Ossola et la fuite vers le sud, vers le pays de la grande lumière. Villages pittoresques, églises semblables à des châteaux forts postés sur des éminences, cultures diverses, tout cela passe, passe; les montagnes s'abaissent, font place à des collines, enfin c'est la grande plaine de la dépression du Pô, plate comme une carte où apparaissent bientôt les rizières. Pendant des km, le train roule à travers les cultures de la plante chère aux Chinois. Qu'on se figure de vastes étangs profonds de 15 à 20 cm, compartimentés par des levées de terre formant digues et où le riz poussera sa végétation et produira sa graine. Un paysan, les pieds dans l'eau, est justement en train de semer à la volée.