70. Les lapidaires.
Un établi de lapidaire bien de chez nous, le plus primitif qui soit.
    Les frères Guignard n'allèrent pas effectuer un apprentissage dans le Pays de Gex en 1712, mais une bonne douzaine d'années plus tard. Le prouve l'état-civil qui met les deux frères en 1712 dans la toute première enfance! 
    Le seul à avoir proposé cette date de 1712 fut Lucien Reymond, naturellement sans référence aucune. Et pourtant elle fut reprise par tous les historiens qui devaient lui succèder, et cela sans aucun contrôle. 
    Comme les choses ont tendance à durer et que les erreurs initiales ne se réparent pratiquement jamais, on retrouvera en conséquence cette fausse date de 1712 comme début de notre lapidairerie à la Vallée de Joux. 
    Cette industrie sera plus longuement traitée par nous en d'autres lieux. Pour l'heure nous nous contentons de reproduire ici les écrits du professeur Piguet quii permettent d'éclairer cette profession désormais bien oubliée, alors qu'elle a fait vivre longtemps des centaines de nos prédécesseurs. 
    Notons que le village des Charbonnières fut peut-être le champion de cette industrie. On retrouva des ateliers dans pratiquement toutes les maisons. Ceux-ci, cironnés à mort pour la plupart, prirent le chemin du ruclon dans les années soixante-septante de notre XXe siècle. Il en existe pourtant encore quelques exemplaires aujourd'hui, témoins précieux d'une petite industrie bien de chez nous qui avait pu durer plus de deux bons siècles.