6. La mi-été de Taveyannaz en 1851.
Une mi-été que l'on ne saurait oublier.
    L'on rentre au chalet, on salue cordialement le vacher; il a arrangé aussi proprement que possible sa petite demeure; il a suspendu sa chaudière au toit enfumé; il vous presse d'entrer, de vous asseoir, puis il apporte un large baquet de bois plein de lait, puis un autre plein de crème épaisse; autour du baquet, il place ses cuillères en bois particulières aux montgnes et très propres. Le vacher est tout joyeux de nous voir mais, cependant, il a un peu d'inquiétude, car ce soir et demain il aura bien des embarras. Le premier repas pris, on sort, les jeunes gens courent sur le gazon, les hommes se rassemblent et parlent des affaires de la montagne. Le soir, la jeunesse danse dans une étable qu'ils ont transformée en salle de bal; la plus franche gaîté anime tous les coeurs.