69. Le Collège scientifique dans les Alpes vaudoises - un article signé SA, paru dans la FAVJ, nos du 20 et du 27 juillet 1922.
Gryon, où vivait alors G. Lecoultre, instituteur et guide.
    Inutile de décrire à nouveau cette splendide contrée que nous avons à traverser. Disons seulement que ce trajet sur route jusqu'à Chesières, par la fraîcheur du matin, fut un enchantement. L'allure est bonne, les refrains se succèdent, l'allégresse est dans les rangs. Chesières, halte! Descendrons-nous pr Huméoz et Ollon, ou bien sur Panex? Huémoz, Ollon, c'est la grande route, Panex, c'est le sentier sous bois. L'indécision est de courte durée. Le sentier de Panex passe par les Ecovets, mamelon qui sépare le bassin de la Gryonne de celui de la Grande Eau. De ce point on jouit d'une vue admirable. D'abord, c'est la chaîne des Dents du Midi qui attire tous les regards. La montagne aux sept pointes se profile dans le ciel bleu avec  une netteté merveilleuse. La Cîme de l'Est, tout spécialement rayonne de beauté! Plus en arrière ce sont les cîimes blanches du massif du Mont-Blanc, Aiguille Verte, etc; tout près, vers l'est, les silhouettes bien connues des Cornettes de Bise, des Jumelles et du Grammont; au nord, Leysin, le village trop connu, hélas, au pied de ces tours menaçantes dites d'Aï et de Mayen. A nos pieds coule le Rhône, ruban à la teinte grise, jalonné de pleupliers. Un morceau du lac, puis dans le lointain, vague ligne sombre à l'horizon, le Jura, notre Jura, qui fait petite figure dans la magnifiscence du tableau.