67. Les marchands.
Le Bazar des voyageurs au Sentier.
    Il y en eut toujours, dès l'aube de notre colonisation, ne serait-ce ceux qui allaient chercher le sel en Franche-Comté et qui le revendaient à leurs concitoyens, avec aux premières loges les fabricants de fromage. 
    La diversité des produits importés mit longtemps à s'imposer, des siècles, où les coutumes alimentaires, et même vestimentaires, purent ne pas évoluer sensiblement. Le XVIIIe siècle apporte des changements multiples, les gens descendent régulièrement en plaine, ce que par ailleurs ils avaient toujours fait, pour remonter en contre-voiture les produits achetés là-bas et revendus à la Vallée. 
    Au XIXe non seulement le mouvement s'amplifie, mais aussi les gens de la région ouvrent boutique. De telles, il y en aura bientôt dans tous les villages, même dans les plus modestes. En faire la liste serait utile certes, mais vrai chemin de croix! Que de registres à éplucher, que de listages à consulter, et toujours avec la perspective d'en oublier ici ou là, tellement ils furent nombreux, et tellement aussi ils changeaient d'endroit au fil du temps.  
    On se souvient de ces petites épiceries de quartier. Installées simplement dans une pièce de la maison, avec le patron, ou la patronne, qui se sort de l'arrière boutique  pour chaque client qui a actionné la sonnette en même temps que la porte d'entrée. Il y a là tout un paquet de souvenirs. Et pas des moindres!