67. Fuipiano, dans le Val Imagna.
Admiré sur la façade principale de l'un des plus vieilles maisons du village.
    C'est probablement le village le plus élevé de cette vallée, situé juste au-dessus de 1000 mètres. Devenu touristique vu cette situation, et surtout la vue qu'il offre sur toute la région. L'air y est déjà d'altitude, c'est-à-dire que l'on respire sans peine alors que les gens, dans le fond de la vallée, s'étouffent, et autant par le chaud que par la pollution de toutes les voitures qui dévalent des vallées, ou qui les remontent, à tout moment du jour et de la nuit. 
    Fuipiano, pour beaucoup, et malgré la distance, est donc en quelque sorte un petit paradis. On a beaucoup construit depuis les années soixante. Heureusement, les chantiers semblent s'être arrêtés, si bien qu'il est possible que l'on en reste là-haut avec un village de taille raisonnable où vous n'êtes pas noyés par le nombre des immeubles de tous genres. 
    Les maisons traditionnelles sont devenues bien rares. D'aucunes, comme partout, on disparu sous des couches de crépis épaisses comme la largeur d'une main. Les dernières, traditionnelles, semblent quelque peu abandonnées. Il faut espérer que se trouveront un jour des amateurs éclairés pour leur redonner leur lustre d'antan tout en les modernisant avec la douceur nécessaire. Voilà notre credo. Notre cercle autour duquel nous tournons sans cesse. 
    De là on jette un coup d'oeil sur les montagnes. Avec des jumelles ont voit aisément les troupeaux qui y pâturent, et les chalets d'alpage où ceux-ci trouvent très certainement refuge. Nous ignorons si la traite se fait à l'intérieur, ou à l'extérieur, et si du lait l'on en fait des fromages d'alpage qui prendraient plus tard le chemin des caves de moindre altitude. Toute une étude serait à faire à ce sujet. Ou plutôt, il conviendrait de se documenter et de mettre la main sur des ouvrages traitant du sujet. Et ils ne doivent pas manquer. Car le nombre de publications d'aspect ethnographique, économique ou historique concernant cette bergamasque est vraiment impressionnant. On veut désormais tout savoir de ce vieux passé et l'on commence aussi à s'intéresser aux témoins archtecturaux qu'il laisse, non pas seulement ces sites historiques connus depuis des décennies voire des siècles, mais aussi ces petits bâtiments caractéristiques qui sont - ou pourraient être - comme autant de trésors et de témoignages d'un temps dont on doit garder le souvenir, parce que dur et pauvre pour certains, la majorité, mais riche et glorieux pour ces autres qui avaient su tirer leur épingle du jeu, commerçants en particulier.