64. Une promenade au Risoud au milieu du siècle passé (XIXe) par Lucien Reymond.
Quelque part dans notre immense Risoud...
    - Vous qui, mieux que moi, connaissez les affaires, disait le Petou à son compagnon qu’il appelait Camin, expliquez-moi comment tout cela se fait. Il y a quelques années Benjamin Golay fut condamné à deux ans de bannissement pour avoir, comme garde, laissé couper dans la forêt. De son côté Siméon Meylan dut payer une forte amende pour avoir agrandi son pâturage dans le bois. Or comment se fait-il que maintenant on permette des coupes de cette importance et qu’on autorise l’établissement des Bourguignons à demeure dans la forêt. Le garde Daniel Capt se fait, paraît-il, un pâturage sur la sommité du Risoud ? J’ai peine à comprendre comment nos Magnifiques Seigneurs, si sévères d’habitude, en sont venus à fermer les yeux sur de pareils abus.    
    
Camin s’arrêta et, après avoir jeté un coup d’œil autour de lui, comme s’il craignait d’être entendu, il répondit en clignant de l’œil d’un air malin :
  
   
- Je puis bien te le dire, mais tu sais, Petou, il n’est jamais prudent de dire ce que l’on pense, surtout quand  il s’agit de gros matadors et des affaires du gouvernement. Il faut qu’il soit bien entendu que ce que nous disons reste entre nous, car je le répète, on ne peut être trop prudent.

    Lucien Reymond, la suite à découvrir dans cette nouvelle nouvelle de notre prolifique auteur local.