62. La Grande Société (du Brassus) - 1869-1876 -
Le Brassus à l'époque de la Grande Société - photo Auguste Reymond -
    Il s'était créé dès le début du XIXe siècle, un nombre incroyable de sociétés diverses dans chacun de nos hameaux.
    Libération! Résultante du départ de Leurs Excellences qui, de leur temps, s'étaient toujours montrées très soucieuses des bonnes moeurs, politiques surtout, de leurs fidèles sujets. Aussi n'autorisaient-elles guère,  en fait de congrégations, que les sociétés de tir. Et cela naturellement dans l'espoir permanent  que leurs soldats du Pays de Vaud deviennent ou restent de bons tireurs, état qui leur était tout favorable, puisque leurs armées dont nous faisions partie, seraient toujours efficaces.
    Nos Combiers mouillaient en plein, sans avoir d'aucune manière un sentiment de révolte. Cette placidité est même révoltante. On ne voyait d'ailleurs pas l'intérêt de se secouer la moindre, empêtré dans une vie somme toute acceptable et puis aussi, chose à ne pas méconsidérer, n'ayant jamais connu la guerre sur son territoire, d'aussi loin qu'on s'en souvienne, c'est-à-dire ici depuis les débuts de la colonisation, situation presque impensable, alors que nos voisins immédiats étaient sans cesse en conflit.
    Libération quand même. Avec pour résultante, parce qu'on n'avait rien pu faire et que soudain tout était possible, la création de sociétés diverses, pour tout et pour rien, presque, pourrions-nous dire.
    Les villages se virent de telle manière dotés parfois de deux ou trois sociétés ayant exactement les mêmes buts. Ce sera notamment le cas en ce qui concerne les sociétés militaires et de tir, comme aussi pour les sociétés de musique qui naissaient et se défaisaient si vite que le chroniqueur n'avait parfois pas le temps de mettre la main dessus.
    Ce phénomène touche aussi le village du Brassus. Combien de sociétés de musique de tous genres ?
    Et c''est alors que l'on convint de créer une nouvelle société, encore une, qui, en quelque sorte, chapeauterait  le tout.
    Les intentions étaient bonnes, mais l'esprit d'indépendance fut le plus fort et chacun retourna à ses petites occupations. La société avait très exactement tenu du 14 janvier 1869 au 14 mai 1876.
    Louis Audemars-Valette témoigne de cette Grande Société et livre quelques réflexions fort intéressantes sur les sociétés en général.
    Un texte à ne manquer sous aucun prétexte, les amis!