61. Deux marchandes de luminaires à Zogno.
Et que belles soient toutes ces lumières quand la nuit tombe sur Zogno...
    Le temps des églises que l'on visite à tour de bras alors même que l'on doute, celui des fresques anciennes admirables de simplicité, des hameaux aux vieilles maisons émouvantes d'avoir accueilli parfois plus de dix générations successives, mais aussi ces heures où l'on rencontre l'homme ou la femme dans la gravité et la plénitude de son travail ordinaire, personnalités simples mais vraies dont la connaissance est un enrichissement. Ne vit-on pas dans le fond que par les autres, tandis que son moi reste tout ordinaire, un tantinet égoïste et étroit qui, sans cet apport indispensable, dépérirait sans aucun doute. 
    Elle est grande, la galerie des personnages que l'on croise sur notre route. Et ils sont divers, ces êtres que l'on rencontre, ici ou là, mais dont on se plaît à découvrir la personnalité en somme profonde et complexe. C'est qu'il y a une vie en chaque individu, dont la perception ne peut toutefois qu' être  partielle. 
    Voilà, notre galerie s'ouvre. Et ces deux dames, peut-être qu'un jour elles réuissiront à vous vendre à vous aussi l'un de leurs beaux luminaires ?