5. M'zelle, j'peux sortir ?
Pour une fois, pris sur internet.
    L'école, tout ce qu'elle ne nous a pas appris! Mais tout aussi et surtout, ce qu'elle nous a offert. En premier, l'usage de l'écriture. En second, celui de la lecture. Ô royal cadeau dont nous ne sommes pas encore tout à fait conscient.  Cela nous semble incroyable que l'on nous ait mis dans les mains ces deux fonctions, si l'on peut parler ainsi, qui nous permettraient toute notre vie, non seulement de mener une carrière honorable, mais surtout de pouvoir jouir d'une certaine indépendance d'esprit  vis-à-vis de cette même société, et de pouvoir la juger dans ce qu'elle a de positif d'une part, d'extrêmement négatif d'autre part. Dans le fond, voilà l'essentiel de ce que l'on nous a appris, l'écriture et la lecture, de manière volontaire, ou est-ce un dommage collatéral, que l'on peut penser ce que l'on veut, en tous domaines, sociaux, professionnels, religieux, et que surtout on aurait, en apparence tout au moins, le droit de dire ce que l'on veut, pourvu que l'on ne distille pas la haine et le mépris. 
    Brave école donc. On saura que le soussigné n'y mit pas les pieds avec un réel plaisir et que l'épreuve que constitua les débuts de cette nouvelle vie furent bien douloureux. On quittait avec regret le cocon familial, les jupes de sa mère, comme on le dit plus facilement ! L'école, et puis dès après cette rugueuse prise de contact, grâce à une facilité dont nous ne sommes pas responsable, tout au moins en ces premières années, un réel plaisir. Car apprendre à lire et à écrire, c'était un peu comme apprendre à marcher. Ce sera du même type quand il s'agira de monter sur un vélo pour y trouver son équilibre et comprendre que l'on peut rouler bientôt sans mettre les pieds par terre. 
    Ces découvertes, à vrai dire, furent fabuleuse. A tel point qu'on n'en est pas encore remis. Exprimées dans le texte qui suit un peu plus en détail. Merci quand même, en passant, à toutes celles-ci qui nous ont ouvert les yeux en ces premières années scolaires. Elles faisaient certes un métier qui leur permettait de gagner leur vie, mais en même temps, elles nous ouvraient au monde. Un monde où le nègre Zo'hio, bien entendu, y avait aussi sa place !