5. Lucien Reymond, Notice sur la Vallée du Lac de Joux, 1864.
Portrait de Lucien Reymond.
    Et vint Lucien Reymond. Avec sa Notice, nous avons pour la première fois un ouvrage qui s'est diffusé à grande échelle dans le cadre du district. De telle manière que plus tard on  put le retrouver pratiquement dans toutes les maisons. Mieux encore, certaines écoles, telle celle des Charbonnières, en avaient fait leur livre de lecture où, de temps à autre, on se plongeait pour renouer avec notre vieux passé. Leçon d'histoire très en avance sur son temps, où l'on avait compris qu'avant de savoir ce qui s'est passé de l'autre côté de la planète, il serait tout de même bon de connaître la manière dont avaient vécu ses aïeux et de quels grands faits on pouvait les gratifier. 
    Au Charbonnières, c'était au temps du régent Guignard. Il avait la baguette rude, mais néanmoins, on le voit, il était éclairé. Ces livres, après usage, étaient cependant en un bien triste état, preuve certaine de leur consultation. 
    Lucien Reymond n'a pas la rigueur du juge Nicole en lequel il a lui aussi plongé. Il travaille certes sur le document à propos duquel pourtant il ne donne jamais aucune référence, ce qui jette un doute sur toutes ses sources, mais aussi beaucoup sur la tradition orale. On peut donc comprendre que nombre de faits cités ne sont que des hypothèses plus ou moins fondées. Chose à signaler, Lucien Reymond était très sûr de son fait et avait une manière bien à lui de convaincre. D'où résultat un traité où les situations semblent toujours vraies et à prendre pour argent comptant alors qu'il aurait fallu tout de même relativiser. C'est ainsi que l'on introduit en histoire des éléments peu sûrs que l'on aura désormais de la peine à déloger. 
    L'oeuvre de Lucien Reymond est donc à prendre avec beaucoup de précaution. Cela n'enlève riejn à la qualité du texte, ni à ce côté passionnant que sait insuffler à ses oeuvres notre historien local. Il était manifestement génial. Et s'il ne brille pas toujours par l'exactitude, il sait vous donner à vouloir en connaître plus, à compléter son texte, voire à la répudier là où c'est nécessaire.