5. Les vignerons
Les plus beaux paysages du monde...
    Ce n'est vraiment pas un métier de par chez nous. Et pourtant nous fûmes liés à la vigne de plusieurs manières.
    Premièrement, l'abbaye du Lac de Joux était autrefois propriétaire de nombreux parchets de vignes au bord du Léman et nos ancêtres étaient condamnés, c'était dans le cahier des charges offert généreusement par les abbés, à faire des transports de vin de la Côte à la Vallée. Juste peut-on souhaiter qu'ils savaient s'arrêter en route pour goûter au fruit de la vigne, ne serait-ce que pour se donner du courage ou pour oublier la servitude à laquelle ils étaient contraints.
    Deuxièmement nos professionnels du bois, c'est-à-dire boisseliers, travaillaient une partie de l'année à réaliser des fustes, des brantes, des seilles, bref tout un attirail qui servirait pour la vigne. Les vignerons, les meilleurs clients, et ceux-ci appréciaient la fine veine des bois du Risoud qui donnait de beaux articles, soignés, durables et tout le tremblement. Les moins habiles de nos professionnels faisaient des échalas. Mais ce travail quelque peu primitif et mal payé ne les enchantaient pas. Ils finirent par laisser celui-ci à d'autres régions, se secouant un peu pour se faire à leur tour boisseliers.
    Et troisièmement, si nous n'avions pas la vigne, nous avions les alpages et le fromage. Et l'on sait que celui-ci n'est jamais meilleur qu'avec un verre de vin. Donc l'assemblage étant nécessaire, s'agissait parfois d'aller se ravitailler en plaine.
    Ce qui fait qu'au total nous étions liés à la vigne bien plus qu'on aurait pu le croire dans un premier temps. Et que donc parler aujourd'hui de celle-ci, ne sera pas inutile.