5. Le vacherin du Mont-d'Or, une organisation du marché (1951)
Le vacherin, un fromage qui fit toujours couler beaucoup d'encre!
    On était à peine ressorti des griffes des différents organismes fédéraux de rationnement de guerre, on avait à peine retrouvé un semblant de liberté dans le domaine extraordinairement étroit des différentes organisations laitières, que pof, on retombait dans de nouvelles réglementations. Celles-ci voulues dans le but de parer à ce que l'on considérait comme une désorganisation du marché. Il convenait en conséquence de remettre de l'ordre et de fixer un cadre, le plus rigide possible, à la fabrication et à la commercialisation du vacherin Mont-d'Or. Fini de rigoler. Désormais tout serait visé par les structures de l'économie laitière déjà en place, ou celles à mettre sur pied. De cette volonté de faire le ménage résulte la création de la Centrale du vacherin Mont-d'Or, dont le siège  social fut quelques années à Lausanne, puis bientôt à l'Ecole de fromagerie de Moudon.
    Une Centrale du vacherin Mont-d'Or qui vit s'y faire les dents et y aiguiser ses griffes, M. Pierre Arnold, futur grand patron de la Migros. Il eut l'occasion de démontrer des qualités d'organisateur indéniables, mais aussi parfois une volonté de diktat par trop évidente. On sourira ici de penser que ce bientôt futur patron d'une coopérative qui contribua dans une large mesure  à introduire ce que l'on nomma les grandes surfaces, à l'époque s'en méfiait comme du diable, celles-ci accusées en permanence de faire pression sur les prix, et par conséquent de gêner la corporation au-delà du supportable.
    On le sait, l'histoire nous l'apprend, ces mêmes grandes surfaces qui furent réellement de bonnes "vendeuses" de vacherin Mont-d'Or et contribuèrent dans une proportion énorme, à la promotion et à la progression impressionnante des ventes de ce produit. 
    Comme quoi l'histoire vous a parfois de ces retournements...