5. Le ruisseau de la Sagne, aux Charbonnières.
Le vallon de la Sagne en amont.
    Ce ruisseau, aujourd'hui entièrement mis sous terre, sauf le dernier tronçon d'une rectitude toute calviniste, permit, dès 1430, de faire fonctionner un moulin. Dès le début du siècle suivant, une scierie fut construite en aval de cet établissement.  Ces installations industrielles devaient fonctionner jusqu'à la fin du XIXe siècle. Alors l'étang fut asséché et le ruisseau retrouvait son cours. 
    Le remaniement parcellaire du vallon de la Sagne, conduit à l'époque de la première guerre mondiale, eut raison de ses courbes et de sa paresse. Tout fut donc mis en terre. Feu le ruisseau de la Sagne. Ne témoigne de sa présence plus qu'une série de regards recouverts de larges plaques de fer. 
    Rares sont ceux qui témoignèrent de ce petit cours d'eau. Jules-Henri Rochat le fit dans une composition de 1882 intitulée: Les Charbonnières en 1982! Il pouvait écrire:
    "C'est le soir, depuis le perron de notre maison je contemple le village et me demande: dans cent ans, existera-t-il encore, sera-t-il toujours le même; fera-t-il des progrès ou rétgrogradera-t-il, aura-t-il ces mêmes habitations, cette file de maisons couvertes de tavillons assez mal éclairées, sans aisances ? le temple sera-t-il le même, avec sa tour qui risque de tomber, ce ruisseau tranquille qui serpente dans la prairie et dans le village dont le bruit monotone se fait toujours ententre, existera-t-il encore ?" 
    Eh! oui, l'église est toujours debout. Par contre, le ruisseau n'est plus.  Signe des temps où les eaux de toutes sortes nous empoisonnent tellement la vie qu'on les fait disparaître!