Voilà une famille de fabricants. Nous ne connûmes guère que les deux fils, dont surtout le dernier, Louis Reber, dit le Petit Louis.
    Il était devenu laitier au Vailloud, petit hameau situé entre L'Abergement et Lignerolles, très discret au sommet d'un côteau et parmi d'immenses triquets de campagne. Là où il ferait bon vivre, à l'abri de toute circulation, tranquille, rêveur, un regard parfois sur les Alpes qui pointent leurs hautes cimes au-delà de ce magnifique plateau vaudois.
    C'est dans ce cadre bucolique que Louis Reber fabriquait des vacherins qu'il livrait à un affineur de la Vallée, nous autres en l'occurence. Il fut un temps où cette entreprise sans véhicule, le fabricants montait sa production aux Charbonnières. Puis ce fut au tour des affineurs de descendre et d'aller prendre en charge cette marchandise, le matin de bonne heure, alors que le hameau s'éveille à peine. Chant d'un coq derrière une maison, bruit du cochon dans la porcherie attenante. Odeur fortes de la campagne, comme on les aime. Qui sont celles de la continuité, de la solidité, du pacte indéfectible entre l'homme et l'animal, certes domestiqué, utilisé à des fins commerciales, mais évoluant néanmoins dans de bonnes conditions. 
    Vacherins du Pied du Jura, ou du Nord vaudois si vous préférez, qui, rendus à la Vallée, devenaient vite un vrai produit des Charbonnières. Méfiez-vous toujours des contrefaçons!