53. Tranches géographiques de Berghèm. 3. Un monde d'églises et de pierre.
La basilique Santa Maria Maggiore.
    Il y avait ces trois sites religieux, la chapelle Colleoni, le Dôme et la basilique de Santa Maria Maggiore. Il nous avait été longtemps difficile de nous y retrouver entre ces différents édifices de par leur proximité immédiate. D’autre part,  toujours à les voir,  une question importante nous venait à l’esprit, que nous croyions n’avoir jamais été posée dans aucun des ouvrages consacrés à leur histoire : comment l’homme occidental,  qui n’adorait qu’un seul dieu, en était-il arrivé à construire autant d’églises en un lieu si restreint ?  Il y a là un mystère que nous n’arrivons pas à résoudre, comme aussi celui de la propension de l’humain, en tout temps de son histoire, à déplacer autant de pierres et de cailloux pour construire.    
    
L’histoire est obscure. L’homme incompréhensible. Avec la peine immense de ceux que l’on commande, et auxquels on ne donne que juste ce qu’il faut pour qu’ils puissent travailler, encore et encore, donc on construit. On vit quelques décennies dans une paix relative, et puis des armées, brûlent et démolissent. Ce qui nécessite de reconstruire encore, de déplacer à nouveau des milliers de tonnes de cailloux qui ont été retaillés, réentassés, réajustés, quand il n’a pas fallu s’en aller encore et toujours aux carrières traditionnelles pour  extraire le double ou le triple de pierres. Et cela de toute éternité. On charrie, on construit, on détruit. Et cette manie, qui ne tient aucun compte de la peine inouïe des travailleurs de l’ombre, constitue son histoire, et celle plus perceptible encore,  de l’architecture.