53. Le pauvre Pierre, de Ernest Aubert
Si ce n'est pas lui c'est donc son frère!
    "Qui n'a connu, à la Vallée, le pauvre Pierre ? Qui ne l'a rencontré sur la route, avec sa besace, son grand chapeau de cérémonie, vieux cylindre roussi par les années, et sa veste militaire aux boutons toujours reluisants.
    C'est bien à tort qu'on l'avait surnommé "pauvre Pierre", car il eût été difficile de trouver un homme plus heureux".
    Ainsi A.E. introduit-il sa nouvelle. Celle-ci est la seconde partie d'un ouvrage qui parut en 1877 à Lausanne, fort volume de quelque 240 pages. Son titre était "Bon vieux temps et progrès". C'était un roman, sentimental à souhait, bien de l'époque, avec, au hasard des pages, quelques breaux brins de morale, de la religion à l'envi, et bien sûr une forte dose d'invraisemblance.
    Le tout reste intéressant, ne serait-ce pour prendre connaissance de la manière d'écrire en ce XIXe siècle local, mais aussi quels pouvaient être les thèmes qui savaient retenir l'attention des lecteurs.
    L'auteur, E.A., ne saurait être que Ernest Aubert, littérateur dont par ailleurs nous ne savons rien.