52. Les pâturages communs des Charbonnières.
Les vaches du village des Charbonnières à la Combe. Sur document, cinquante ans plus tard, Jean Rochat les reconnaissait toutes!
    Les pâturages communs, ce sont, à la Vallée, cette zone intermédiaire entre le territoire agricole et les alpages des hauts. Ces surfaces, considérables, dans le cas de la commune du Lieu, étaient possédées par celle-ci mais louées depuis le début du XVIIIe siècle au moins, aux différents hameaux qui avaient charge de le gérer. 
    Ces pâturges communs étaient indispensables à tous les petits propriétaires et fermiers qui ne possédaient qu'une vache ou deux, et non un grand troupeau qui aurait pris le chemin de l'alpage. Ces deux ou trois pièces de bétail, il y avait autrefois aussi quelques chèvres, prenaient deux fois par jour le chemin des communs, traversant ainsi le village quatre fois! Un berger était indispensable, payé par l'administration les quatre mois où il fonctionnait. 
    Les difficultés ne manquaient pas pour gérer ce système, plus encore quand il advint, en 1899, que la ligne de chemin de fer Le Pont - Le Brassus partagea la zone en plusieurs parties. Il arriva que du bétail finisse tragiquement sur la voie. Régler l'affaire avec les assurances n'était pas chose aisée. 
    Ce système des pâtures en commun, pour le village des Charbonnières, s'acheva à la fin des années soixante. Il avait duré près de 450 ans, ce qui n'est pas une sinécure, et qui prouve que le système non seulement avait du bon, mais qu'il était indispensable à la population, tout un chacun ne pouvant pas être propriétaire d'un gros troupeau. 
    Le pâturage de la Combe fut alors transformé en un alpage, avec la construction d'un chalet dit de la Combe ou du Revers.  Les premiers locataires en furent Jean et Samuel Rochat.