4. Quand la France se libère (1944).
Le temps des barricades est revenu...
    Tous les articles que l'on trouvera dans ce chapitre proviennent du journal: Lectures du Foyer, Magazine suisse, Lausanne, 33e année, 1944. Les numéros de cet hebdomadaire non seulement ont été reliés, mais encore, chose regrettable, ils furent privés de leur couverture. Ce qui fait que nous ne pourrons donner aucune référence quant à la date de parution de tel ou tel numéro.
    Les articles cependant ont été mis à la suite les uns des autres, de telle manière que vous pourrez suivre les événements de cette année 1944 de manière chronologique.
    Le journal en question, quoique en pays neutre, se tient prudemment sur la réserve tant qu'une victoire des alliés n'est pas jugée définitive. Il n'y aura donc pratiquement aucun renseignement d'importance concernant l'état politique et militaire de la France avant le mois de juin. Et puis encore, nous ne trouvons ici nul reportage sur le débarquement. Volonté de la rédaction, ou obligation de respecter une censure qui n'a pas encore desserré ses griffes ? Nous obtons plutôt pour cette deuxième hypothèse.
    Sitôt juin passé on peut commencer à parler de cette victoire, de cette occupation qui se termine, de cette libération, aux deux sens du terme, physique  et intellectuelle.
    Nous devons avouer qu'en copiant ces quelques pages, nous avons eu l'estomac noué. Comme si les événements étaient du jour. Comme si nous avions souffert nous aussi de l'ignominie de l'occupation allemande. Mais en contre-partie, nous avons ressenti à notre tour  le grand souffle de la liberté, cette vie qui s'ouvre enfin et permet d'espèrer à autre chose qu'à des répressions de tous ordres et à cette éternelle parade des troupes occupantes ou des sordides milices locales.
    Nous pensons que ces textes sont importants. Qu'ils n'ont jamais figurés dans aucun livre. Et qu'aujourd'hui ils méritent d'être portés à votre connaissance.
    L'histoire n'est pas morte, elle n'est jamais achevée, elle est à porter à bout de bras. Afin surtout que les drames du passé, mais est-ce possible,  puissent ne  jamais revenir.