4. Les Mouïson, une grande famille commerçante des Charbonnières (XIXe siècle).
Le Bonhomme, le chalet d'alpage, vers 1990.
    La famille, tout en gardant pénates au village, était aussi établie au Bonhomme depuis le début du XVIIIe. C'est là probablement, dans la ferme qu'elle y possédait, avec vaste domaine de proximité, ou dans le chalet qui se trouvait à deux pas, que certains des membres  procédèrent à des fabrications de vacherins. Et cela de manière presque certaine, puisqu'un livre de comptes de la famille, aujourd'hui en apparence disparu, fait état de différentes livraisons de cette pâte molle pour 1845. Sachant toute l'importance que prirent ces fabrications de chalet pendant le cours du XIXe siècle, il eut été étonnant que les Mouïsons aient fabriqué leurs vacherins  ailleurs qu'au Bonhomme. La tradition semble d'ailleurs confirmer ce qui serait plus qu'une hypothèse.
    Un certain 14 de 1845, le mois n'est pas lisible, ils livent à Isaac chez l'oncle David 5 boîtes de vacherin pesant 27 l. Une autre livraison est signalée au même quelques jours plus tard.
    Il nous apparaît que cet Isaac, n'est autre que Isaac-Frédéric fils de David-Louis Rochat, municipal et marchand, dit Pitôme, rencontré précédemment. Tout se tient donc, et nous aurions ainsi au moins l'un des fournisseurs du marchand précité, les Mouïsons. Le degré de parenté pour l'heure ne nous est pas connu.
    De cette même famille des Mouïsons, peut-être les plus grands propriétaires fonciers du village des Charbonnières, avec l'alpage du Bonhomme et un domaine d'une surface très importante, émergera Auguste Rochat dit Titouillon, qui, quant à lui, deviendra à son tour marchand de vacherins qu'il ira livrer régulièrement à Lausanne et dans le bas Pays.
    De fil en aiguille, cette longue familiarité avec le produit, nous amènera au commerce d'affinage Rochat Frères qui ne devait cesser ses activités que dans les années 1990.