4. Le Cantique des cantiques.
Lettrine du texte Cantique des cantiques de: Edition de l'année 1930 de la Concorde à Lausanne.
     Cet amour n’est traité ni comme une force démoniaque, ni comme une puissance divinisée, il est extrêmement humain. La question de l’enfant passe tout à fait au second plan, derrière celle de l’amour réciproque que Yahvé a embrasé : « Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de Yahvé » (8 :6).   
    Cette
littérature en bordure du canon montre comment l’art de la narration et de la poésie embrasse également les passions les plus fortes : La passion de Yahvé à propos de la détresse de Ninive dans le livre de Jonas, l’abnégation de Ruth, la petite Moabite, qui deviendra la plus grande des figures patriarcales d’Israël, le courage triomphant des persécutés dans le livre d’Esther et le miracle d’un amour qui fleurit  très à l’écart du mariage – dans cette solitude à deux pleine de mystère « Je vous en conjure, filles de Jérusalem : Ne troublez pas et ne réveillez pas l’amour, avant qu’il le veuille » (3 :5), et qui ne peut pourtant trouver son accomplissement que dans le mariage : « Je l’ai saisi et ne l’ai pas lâché jusqu’à ce que je l’aie amené dans la maison de ma mère, dans la chambre de celle qui m’a conçue » (3 :4). Une fois de plus souffle sur nous cette plénitude de vie de l’Ancien testament qui va de la grande histoire universelle aux intimités les plus secrètes.
                                                                                        Hans Walter Wolf