4. La chapelle et l'église des Charbonnières
L'église des Charbonnières vers 1999, alors qu'une petite poudrée a blanchi les toits
    Les habitants des Charbonnières construisirent leur premier lieu de culte, une petite chapelle, en 1674, et cela directement sur le bâtiment du four (actuelle boulangerie). Ce modeste établissement religieux non dédicacé, où ne pouvaient se faire que des prières et non des cultes dignes de ce nom, allait pourtant rendre d'honorables services pendant plus d'un siècle et demi.
    Cette salle servit aussi de lieu d'assemblée pour le Conseil du village. Plus tard, après sa désafection,elle accueillit occasionnellement la petite école  du village. Elle  fut ensuite transformée en appartement à destination des locataires de la boulangerie.
    La chapelle accueillit aussi la première pendule que le village ait connue, construite en 1828 par maître Cheneau, "horlogeu" à Gollion.
    Une cloche y avait été installée dans son petit clocheton déjà en 1780. On la retrouve aujourd'hui dans le clocher de l'église.
    Grande aventure de la construction d'une église digne de ce nom en 1833 et 1834. Les habitants du village eux-mêmes mettent la main à la pâte. Dédicace en 1834 et obtention d'un culte au moins une fois par mois. Cadeau inespéré que l'on doit non à la commune, toujours réticente à fractionner l'institution religieuse, mais à l'Etat de Vaud désireux d'accorder plus de facilités à certaines populations peu gâtées de par leur emplacement par rapport au chef-lieu.
    L'église des Charbonnières, comme d'ailleurs tous les lieux de culte de la région et d'ailleurs, sera désormais restaurée plusieurs fois. Sa couverture primitive sera naturellement le tavillon. On passera sauf erreur à l'ardoise puis à la tuile vaudoise qui la recouvre encore aujourd'hui.
    Le clocher, quant à lui, connut la triste époque d'un revêtement de tôle à l'esthétique repoussante, heureusement abandonné depuis lors pour être remplacé pour un matériau plus approprié, l'éternit.
    Une seconde cloche vint accompagner la primitive de 1780 en 1896. Comme l'église appartenait à cette époque à la commune, le village refusa de mettre un sou pour cette installation. Si bien que l'on dut procéder à une souscription pour payer cette nouvelle campane.
    L'horloge "cheneau" fut remplacée par un mouvement "moderne", fabrication de la maison Odobey à Morez en 1892. C'est une horloge magnifique que l'on peut encore voir dans le clocher de l'église, toutefois hors service depuis deux décennies environ, remplacée par une pendule électrique.
    Si l'église fut construite par le village des Charbonnières lui-même, tôt celui-ci se rendit compte qu'il aurait peine financièrement à subvenir aux travaux d'entretien réguliers que nécessite un tel bâtiment. Le village cédà l'église à la commune en 1882.
    Restauration du début des années vingt où ce temple eut le plaisir d'accueillir les trois fresques "Amiguet" représentant les trois vertus évangéliques essentielles, la foi, l'espérance et la charité. Déposées en 1960, elles figurent désormais sur cadre et dans une grande armoire dans les combles du bâtiment.
    C'est à cette date que l'intérieur de l'église est à nouveau restauré, suite surtout à l'incendie de l'arbre de Noël en 1957 qui avait passablement abimé le plafond. Cinquante ans plus tard cet intérieur reste indentique, outre que des orgues furent installée en 1968 sur la galerie, remplaçant l'harmonium poussif que l'on trouvait de plein-pied.
    Bref regard sur cette église qui, malgré son aspect massif et simple en apparence, n'est pas sans charme, et offre surtout une modestie de bon aloi qui la rend éminamment sympathique !
    Cent autres détails sur ce vénérable édifice vous sont révélés dans le dossier annexe.