4. Ce fou de Rochat.
La rude solitude de ceux qui ont quitté la spère des hommes dits "normaux". Dessin de Hergé.
    Les cas lourds, fous, ou même fous dangereux, étaient traités avec rigueur, ainsi qu'on le verra plus loin. Mais ce qu'il faut tout autant comprendre, c'est que souvent, avant d'en arriver à de telles extrémités, la collectivité faisait tout ce qui était en son possible pour tenter de remettre sur pied ces pauvres égarés. Et cela souvent, et même toujours,  avec une large participation des finances communales. 
    Il faut comprendre aussi qu'en cette époque, nous traitons ici du XVIIIe siècle, les communes avaient à charge tous leurs ressortissants. Si bien que venaient frapper à leurs portes des bourgeois dont parfois celles-ci n'avaient jamais entendu parler. Ils avaient échoué en ville, ou dans quelque coin perdu de la campagne vaudoise. Ils y avaient vécu pendant des décennies, voire plus d'un siècle, les générations s'y étaient succédées, et qui voilà soudain franchissant les montagnes pour réclamer ce que l'on croyait être son dû, un pauvre diable qui avait tout perdu et crevotait de faim. Et surtout était refoulé par sa commune d'accueil qui ne voulait pas se charger de lui, pour la simple raison qu'elle avait déjà assez à faire avec ses propres ressortissants. 
    Un sytème qui devait passer à la trappe dans la première moitié du XXe siècle sauf erreur. 
    Ce fou des Charbonnières, était naturellement originaire de la commune du Lieu. Il avait mené une drôle de vie en des ailleurs qui n'avaient rien eu d'un Eldorado, lui et sa famille. Et le voilà qui se rapplique avec sa tribu, armes et bagages, dans son village d'origine où il va faire des étincelles ! C'est ce qui sera raconté dans cette petite étude étonnante.