4. Au pays des fées - les grottes de l'Orbe, par Benjamin Cornuz, Lectures du Foyer du 1er février 1930    Innombrables furent les écrits en rapport avec l’hydrographie de la Vallée de Joux, en particulier concernant les entonnoirs et leurs résurgences du côté de Vallorbe. Une bibliographie attentive comprendrait des dizaines de titres. Nous n’avons nullement la prétention, avec cette petite brochure, de vouloir concurrencer cette littérature très savante. Simplement retrouver une fois encore les Grottes aux Fées, ici décrites de manière précise par un spéléologue amateur en la personne de Benjamin Cornuz. Le texte, article de journal, étant relativement court, nous avons pensé qu’il serait bon de le compléter par l’un de nos bons vieux classiques épuisé depuis bientôt deux décennies. Vous retrouverez ainsi une fois encore le doyen Bridel dans son merveilleux conte mettant en scène les fées de Vallorbe et le prétentieux Donat.   
   
Donat, des siècles après son exploit, il faut imaginer qu’il fut vrai afin de donner plus de poids à cette littérature imaginaire, nous ne lui pardonnons pas  d’avoir été si sot. Il était aimé d’une fée, qui ne le souhaiterait pas, il aurait pu l’aimer à son tour pour se la couler douce dans une situation exemplaire, où il n’y a rien à faire, qu’à contempler  le vallon du haut des roches, qu’à se nourrir des baies du pays, qu’à aimer sa compagne, encore et encore, en ayant tout oublié des forges très noires où vous étouffez par les fumées du charbon et où l’on vous casse la tête à force de roiller sur l’enclume. Il échappait à ce que nous appellerions, non pas peut-être l’enfer, mais au moins son purgatoire, pour se découvrir une existence bien douce que rien ne peut altérer, si ce n’est le manque de confiance et surtout la présomption. Donat, un pauvre type en somme, dont la punition fut amplement méritée. Qui ne se contenta pas de perdre sa situation privilégiée, mais aussi  fit disparaître à jamais les fées qui, vivantes encore, auraient pu faire que nous allions tous  un jour  tenter notre chance nous aussi du côté des hauts des Vallorbe. Ce ne sera plus possible, et le rêve s’est perdu parmi ces roches sauvages pour ne plus nous laisser que la  froide réalité. Hélas.
   
   
Mais nul doute que l’on écrira encore sur les Grottes aux Fées, qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs, car il n’en fut pas que deux que l’on trouve au-dessus de Vallorbe, il en existe bien d’autres à travers le monde, et beaucoup doivent avoir connu des histoires semblables à celle qui vous est livrée dans cette brochure.
  
 
Bonne lecture, et surtout ne vous perdez pas dans les dédales invraisemblables des Grottes aux Fées dont on vient de découvrir des prolongements auxquels il semblait impossible autrefois d’accéder