47. Du côté des Charbonnières, l'Epine.
Le néveau de l'Epine-Dessus de bise. On s'était dit: photographions le avant qu'il ne disparaisse !
    L'Epine, en dessus des Charbonnières, ce furent deux voisinages de deux maisons chacun. Il y eut ainsi l'Epine-Dessus de vent et l'Epine-Dessus de bise, l'Epine-Dessous de vent et l'Epine-Dessous de bise. 
    Etablir toutes les générations de Rochat qui ont passé en ces quelques maisons serait un travail compliqué et de longue haleine. Ils furent des dizaines, voire des centaines, à avoir déserté l'Epine, toutes maisons confondues, pour essaimer à travers le monde. Les retrouver, qui saura le faire ? 
    Ces deux voisinages furent chacun passé par les flammes. Plusieurs fois peut-être. On ne connaît cependant que l'incendie de 1780 pour l'Epine-Dessous, aussitôt reconstruite, et l'incendie de l'Epine-Dessus en 2000. Une seule ferme fut reconstruite à la place des deux, ou même des trois parties, car on n'aura jamais parlé de celle du milieu, très étroite, là où les propriétaires, au XXe siècle, avait installé la forge et l'atelier. 
    L'Epine a le privilège de posséder l'arbre, un fayard, qui s'ouvre en premier de toute la région. C'est le témoin attitré du vrai  printemps. Il met ses feuilles alors que tous les autres dorment encore. On ne sait comment il fait ni pourquoi, mais il a toujours un gain de trois jours au moins. Une troche d'arbres plutôt qu'une seule plante. Et cette frondaison mise de manière si précoce montre que le coin jouit d'un micro-climat tout à fait favorable. C'est bien là la raison pour laquelle les gens de l'Epine n'auraient jamais pu être vraiment tout à fait malheureux!