43. Arthur Rochat, bûcheron et constructeur de la cabane dite l'Hôtel du Bûcheron (1889 - 1959)
Arthur à l'époque de la construction de sa cabane
    Arthur Rochat (1889-1959) est un personnage discret des Charbonnières qui n'aura jamais fait la une ni même qui aura laissé une trace, si minime soit-elle, dans un journal quelconque. Tout au moins pas alors qu'il vivait et habitait la maison anciennement de François-Aimé Rochat, en compagnie de son épouse Charlotte et de sa fille Suzanne.
    Ce n'est aucunement une raison pour l'oublier. Il était bûcheron pour l'essentiel de son activité, celle-ci poursuivie sur les hauts du village, dans les forêts profondes de cette région qui n'est en somme que la partie déclinante de notre immense Risoud. C'est là, au coeur de ces solitudes, afin de se constituer un havre de repos et de paix, qu'il construisit sa cabane d'écorce que son neveu Gaston Rochat baptisera un jour "Hôtel du Bûcheron", appellation hautement poétique, et qu'importe si l'établissement, 2 m sur 2 m environ, juste de quoi s'allonger, n'aura jamais eu aucune étoile !

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L'Hôtel du Bûcheron

    Pas d'étoile certes, mais par contre une ambiance. Un lieu où il fait bon s'arrêter et philosopher, principalement sur le sens de notre existence ailleurs débridée tandis qu'ici c'est tout tranquillité. Et paix. Et délaissement à lire le livre d'or où les passants notent leurs impressions. Chose assez curieuse, la plupart de ceux-ci, ces dames surtout il nous semble, en découvrant un édifice si discret et si particulier, font référence aux lectures de leur enfance, en particulier au conte de Hansel et Gretel.
   Ce n'est pas que cela nous choque, loin de là, mais notre vision personnelle de ce monument singulier est toute autre. Y est surtout rattachée l'histoire que nous avons pu y connaître, et surtout tout le labeur qu'elle nous a coûté en ses innombrables restaurations. L'énergie ne doit pas vous manquer pour toujours remettre l'ouvrage sur le métier. Et c'est la vie !
    Arthur Rochat l'avait construite en 1942 paraît-il, en pleine période de guerre. Ainsi tandis qu'elle fêtait son second anniversaire, ou son troisième, de l'autre côté de la frontière, l'on se battait. Des gens étaient tués. On entendait les coups de canons ou de mitrailleuse. Et enfin, Mouthe, était libérée.
    Tandis qu'ici, souvenons-nous en, c'était la paix, la plénitude de cette nature superbe toujours à découvrir. Et que surtout l'on pouvait redescendre en un village qui n'avait rien connu de la guerre, tranquillité absolue, avec vue sur le lac Brenet. Tel on pouvait l'apercevoir de la maison de François-Aimé !