41. Hermann Rochat dit Petiot, manouvrier, pêcheur, cheminot et poète à l'occasion (1898 - 1978)
Hermann Rochat dit Petiot en 1940
    Hermann Rochat, ce nom ne dira rien à personne. Mais si l'on vous parlait de Petiot, peut-être cela vous rappelerait-il  quelque chose, pour le cas bien sûr que vous soyez né avant les années septante et que vous ayez gardé un bon souvenir de ce personnage atypique de ce bon vieux village des Charbonnières.
    Petiot, homme modeste, courant les petits boulots. Il aide aux foins, aux charrois, aux labours. Il travaille aux glacières. Mais surtout bientôt, il fera profession de cheminot sur la ligne Pont-Brassus. Carrière en dents de scie, l'homme est souvent malade ou accidenté. Un cas pour les assurances ! Ses notes en font foi.
    Mais Petiot, de la grande famille des Pêcheurs, c'est aussi et surtout un homme du lac. Il habite à proximité. Un temps il loue des barques, du côté du Pont. Mais attention, aucune ne saurait être le lieu de manifestations communistes! Il a ces cocos en horreur ! Dans l'ensemble, il pêche. Une passion de ces gens du bord du lac, plus même, un culte. Quand y a pas l'odeur du poisson, la vie vous paraît insupportable. On peut tout perdre, sauf le lac, sauf sa barque. Là, on peut à l'occasion y rêver, comme Rousseau. Se coucher au fond, si faire se peut, ou sur la banquette si l'on n'est pas trop grand, regarder le ciel et s'établir son petit traité de philosophie. Ne riez pas. Elle sera aussi bonne que celle des grands qui disent par ailleurs la moitié de "conneries".
    Une philosophie à la Petiot, ancrée en ces lieux que l'on n'est pas loin de croire bénis des Dieux ! Le lac, l'eau, et même s'il est possible que l'on ne sache pas nager. Mais l'eau, ça se sent, ça porte votre barque. Et puis l'eau, ça se voit, et là, mes amis, avec un lac qui n'est jamais pareil dans ses couleurs, non jamais, quel spectacle. Y en a pas de plus beau !