40. Le Pré-Loin
Façade à bise de ce sympathique alpage.
    Le Pré-Loin, sur la carte de 1785 il est marqué Pré Lorin, mais ces messieurs les arpenteurs avaient l'art de déformer tous les noms de lieux, est accessible par un chemin partant dès après les deux cabanes du Poteau, à votre droite. Il vous faut à pied un petit quart d'heure pour retrouver ce chalet au milieu de son pâturage.
    Modeste, il n'en est pas moins très sympathique avec ses deux belles portes d'écurie voûtées.
    Lors de notre visite du 4 novembre il pleuvait des seaux. Ce qui ne nous empêcha pas de fixer pour quelque postérité improbable  cette jolie bâtisse que l'on découvrira ainsi sous la pluie la plus violente. Pas de quoi effrayer les bergers!
    Le Pré Loin a une histoire que nous ne connaîtrons peut-être jamais. Tout comme nous ignorons le nom du propriétaire et celui de l'amodiateur.
    Il se trouve quand même que nous savons qu'ici-même, au milieu des années soixante, vivait le grand Loudgi des Charbonnières avec sa femme Adèle, la Madame Adèle.
    Celle-ci, la solitude force parfois les amitiés, avait lié connaissance avec les bûcherons bergamasques habitant à la cabane du Poteau. Mais surtout avec la mère de ces trois fils travaillant en commun dans les forêts de l'Etat de Vaud, du côté du Grand Risoud d'une part, de celui du Petit Risoud et du Crêt Cantin d'autre part.
    Ce qui fait que ce pouvait être dans cette modeste cabane, et quoique ni l'une ni l'autre ne comprenait le parler de sa voisine, de franches parties de rigolade!
    Quant à ce qui se disait vraiment, on ne le sait pas. Vous savez, la forêt, elle a elle aussi ses secrets!