40. Beau temps, belle neige! (30 janvier 2015)
Les engins de déblaiement étaient aussi nombreux que les fourmis sur leur cône au premier printemps!
   Ne cherchez pas dans le temps! C'était hier, alors qu'il vous fallait peller la neige, et peller encore. Comme au bon vieux temps, comme en ces hivers d'antan où les maisons disparaissaient sous les épaisseurs presque monstrueuses d'une poudreuse pourtant de rêve. On ne voyait plus les toits. Juste les cheminées dépassaient-elles encore un peu, elles et leurs deux grands volets.  
   Et une fumée ainsi s'élevaient des toits, ici ou là, pour dire que ces lieux étaient quand même habités. Qu''il y avait ici que l'on ne voyait pas, une vie. Et que les galetas glacés, quant à eux, mis à part par une toute petite borgnette, eux, de la neige, ils n'en verraient rien. Bien à l'abri sous les tavillons que portaient des lambris mis sur une forte charpente. C'est alors que l'on savait le prix d'une maison et que l'on y était à l'abri presque de tout. Sauf des incendies. En légion, parce que, voyez-vous, en ce temps-là, on n'était pas plus prudent qu'il ne le faut. Et si cela brûlait, on accusait la fatalité! C'était si simple. 
    Bref, c'étaient des hivers d'antan. Et hier, on pouvait les croire revenus. Et l'on ne médisait surtout pas sur cette neige. On la considérait même comme un cadeau venu du ciel. Fait à vous qui savez la maîtriser, en faire même une partie de vos loisirs. Et cadeau pour la nature qui la réclame. Juste faut-il convenir que pour la faune, terrestre ou ailée, la vie désormais, pour ces quelques jours où elle subsisterait telle, ne serait pas facile. Mais ils survivraient. Mais au premier printemps, presque tous, ils seraient là pour l'accueillir. Car ainsi vont les choses, au royaume de ce qui vit et se prolonge.