3. Le ruisseau des Epoisats et la Pouette Combe.
Le vaste plan marécageux de Seigne Géret-Dessous, juste avant de descendre dans la Pouette Combe.
    Au printemps, quitter Sagne-Vuagnard où le ruisseau des Epoisats prend naissance, à proximité même de l'Ygrec, et descendre le vallon, est un enchantement. 
    Les eaux souvent ne sont guère abondantes. Avec le temps, néanmoins, elles ont réussi à creuser le vallon et à offrir des traces marquées de leur oeuvre d'érosion. On passe d'un "canyon" à des petites plaines alluviales et marécageuses où se découvre une végétation foisonnante. 
    On a franchi la ligne de chemin de fer, on a salué le fantôme de cette petite halte où nous venions en expédition, puis l'on se sera arrêté plus loin au grand plat de Seignegerets, visible, selon Samuel Aubert, du sommet de la Dent de Vaulion. C'est là une zone marécageuse d'une beauté à vous couper le souffle, le paradis des amateurs de belles photos, avec en cette saison un tapis de fleurs d'une densité remarquable. 
    Commence vraiment alors  la Pouette Combe. Le chemin est raide, caillouteux, qui côtoie une petite rivière d'où les eaux sont désormais absentes. Elles ont dut s'infiltrer dans le terrain. Et pourtant se découvre ici un ravinement conséquent, qui prouve de manière certaine que la rivière retrouve toute sa force par grandes eaux, emportant pierres et troncs pour aller enfin, ayant retrouvé plus de douceur dans les bas, rejoindre la grande rivière de l'Orbe, dont la source est à un petit kilomètre en amont. 
    Une source de l'Orbe, en ce beau dimanche du 8 juin 2014, le plus chaud de tous les temps, paraît-il, qui accueille en ses environs ombragés plus de monde qui ne pourrait y en avoir sur la place St-François en cette heure. Et partout aussi, cela sent la fumée des inévitables grillades consommées en grandes familles.
    Une source de l'Orbe aussi, vu l'extraordinaire beauté du site, mais surtout sa magie toute païenne, sur laquelle nous aurons à revenir. Qui là-bas, n'a pas été saisi de vertige en pensant aux siècles innombrables, aux millénaires même, où toute cette eau formidable n'a pas cessé de couler ?