3. L'honorable Société des Garçons du Lieu.
Le Lieu, en des temps plus anciens.
    C'est probablement la plus ancienne de ce type connue. Son acte de fondatioin est en effet du 24 avril 1663. Celui-ci fait même référence à des coutumes du même genre plus anciennes encore.
    L'analyse de cet acte par le pasteur François Forel, notre dépouillement du registre des procès-verbaux de la société portant de 1791 à 1861, permet de mieux comprendre nos moeurs et coutumes d'autrefois, surtout en ce qui concerne celles afférant au mariage. Les garçons veillent et ne laissent pas partir leurs filles comme cela. Il faut payer, c'est-à-dire offrir une certaine somme en fonction de ses possibilités. Cela va parfois à plus de vingt florins. Il est vrai que les bouteilles que la jeunesse offre et boit coûtent parfois tout autant.
    Un mariage ainsi est toujours le signe de parfaites réjouissances, un événement que l'on ne saurait jamais passer sous silence.
    Mais les garçons du Lieu, qui font bombance trois jours de suite parfois au début de l'an, avec danses et soupers divers, sont aussi bon garçons. C'est-à-dire qu'ils leur arrive de venir en aide à quelqu'un du village vraiment défavorisé. Ils remettent de plus de petites sommes à la Bourse des Pauvres de la commune ou du village.
    Fait important, lorsqu'il s'agit du décès d'un jeune homme, d'autant plus si celui-ci fait partie de la société, ils doivent assister à l'enterrement dûment équipés. Parfois ils auront mis deux de leurs épées croisées sur le cerceuil. Les filles offrent des fleurs et des couronnes.
    Bref, voici des moeurs qui révèlent, par le biais des archives de cette société, et mieux que par quantité d'autres documents anciens, la manière dont l'on vivait autrefois. La mort était présente, mais l'on savait s'amuser, et comment. Il ne sera que de lire le procès-verbal des belles agapes des jours de Pâques  de l'an 1861, sorte de chant du Cygne de la société qui, dès lors, ne fera plus signe de vie.