3. David-Louis Rochat, marchand des Charbonnières (première moitié du XIXe siècle).
La maison anciennement de David-Louis Rochat aux Charbonnières.
    L'homme vit au début du XIXe siècle. Il descend de la Cornaz, petit hameau au-dessus des Charbonnières, pour acheter une maison au village. Il l'échangera bientôt contre une autre située à l'extrémité nord-est du voisinage du haut du vilage. Puis il rachètera encore, en 1839, la grande maison des héritiers de Jaques-David Rochat marchand. C'est là, dans cette maison construite spécialement  pour un commerce de fromage dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, qu'il développera le mieux son commerce.
    David-Louis Rochat, ancêtre de la famille des Pitôme,   sera, à la suite du premier propriétaire de la maison qui trafiquait un peu de tout, un commerçant polyvalent. Il traite avec la capitale où il loue une cave. Il descend les produits de la Vallée, vacherins, tommes, reblochons, gruyère entr'autres marchandises, pour remonter en contre-voiture différents produits, farine en priorité.  Il faut croire que déjà à l'époque nos moulins ne marchent plus, ou très mal,  et qu'il est devenu nécessaire d'acheter cette précieuse denrée à l'extérieur.
    David-Louis Rochat commerce  à Lausanne avec des collègues du village, issu du Haut-des-Prés, c'est juste à côté de la Cornaz, qui se sont établis définitivement dans la capitale comme  commerçants, de fromage en particulier.
    Voici donc de solides points d'attache à Lausanne où nos Combiers peuvent écouler leurs produits qui y gagnent de plus en plus de renommée, le vacherin en particulier. C'est probablement à partir de là, des productions de ces trois commerçants, que notre pâte molle va acquérir ses vrais titres de noblesse,  supplantant sur cette même place des vacherins d'antique renommée provenant des Alpes mais  de moins en moins fabriqués.  Nous en ignorons les causes. Il y a cependant que le vacherin combier va désormais occuper la place devenue vacquante et qu'il  ne la  cédera plus.
    Les archives de David-Louis Rochat, déposées aujourd'hui aux ACL, ne sont pas très fournies. Elles comprennent malgré cela des documents en rapport avec les fromages qui sont de la plus haute importance, ceux-ci tous reproduits en annexe. Ils  prouvent de manière irréfutable que le vacherin était connu sur la place de Lausanne vers 1830 déjà.
    Reste juste à savoir qui en étaient les fabricants au village, vacherins produits à la Cornaz par exemple, ou dans les chalets en fin de saison ?  Il y a ici mille interrogations auxquelles à nouveau, faute d'une documentation suffisante, nous ne pourrons pas répondre.