3. Auberge du Cygne aux Charbonnières.
La triste fin de l'Hôtel du Cygne première version en 1964. On l'aura remarqué selon les panneaux, c'est l'année de l'Exposition Nationale à Lausanne.
    On aura déjà découvert le Cygne dans notre précédente rubrique. Il convenait toutefois de prolonger notre étude de l'établissement qui fut toujours le plus important du village. Des tenanciers et propriétaires laissent un souvenir du fait de leur personnalité. Il y eut ce Numa Rochat, dit Quenet, que d'aucuns appelaient Tournefuste. Célèbre en son temps, par sa force, par sa faconde aussi probablement. Son fils fut un non moins célèbre personnage de notre village, Palmy. Ses aventures en tant que tenancier qui ne respecte pas les heures d'ouvertures, furent aussi nombreuses que pathétiques. Afin que l'établissement reste ouvert, toute la population du village dut le soutenir! Et les piliers d'auberge ne furent pas les derniers à monter aux barricades. On découvrira des aventures de ce type dans cette publication. 
    Nous signalerons aussi que le Cygne, bien que cela reste encore une hypothèse, eut l'occasion d'accueillir le peintre Félix Vallotton venu aux Charbonnières se refaire une santé morale. Il n'apparaît pas que la cure ait tenu ses promesses. Si bien que l'homme repartit aussi éreinté qu'il ne l'était au début et peu enclin à garder un souvenir ému de notre village. 
    Il eut l'occasion de peindre plusieurs toiles à la Vallée de Joux. Nous n'en connaissons que deux. La première, oeuvre peinte depuis les Glacières, n'offre rien de particulier, juste un coin du village d'en face, zone du bord du lac. La seconde, peinte depuis le rocher des Epinettes, est plus intéressante, véritable document, puisqu'on y découvre notre vieux village alors que le quartier du haut n'avait pas encore brûlé. Presque toutes les maisons ont le toit en bardeaux, seules les nouvelles ont opté pour la tuile. Tuiles claires qui donnent un air tout guilleret dans la grisaille du revêtement traditionnel. 
    Le Cygne, non pour le moins curieux alors qu'il n'y avait aucun de ces volatiles à la Vallée de Joux à l'époque. Alors cherchons encore le pourquoi de cette enseigne... 

    Pour le document, voir au secteur Familles des Charbonnières.