39. Quand les gens du Sentier allaient s'amuser sur la Côte.
Sur la Côte, extrait d'une peinture de Milon.
    C'est à deux pas. Tu quittes les dernières maisons du village, et te voilà déjà dans un monde alpestre où tu pourras tenir conversation avec des génisses ou des modzons tout à fait à l'aise au milieu d'une longue pâture qu'agrémentent de grands sapins. Il y a des clédars. Il y a surtout une ambiance. On est tout près de la civilisation, et pourtant comme aussi hors du monde. C'est tranquille. C'est calme. Et c'est là, il faut s'en souvenir, l'endroit exact est sans importance, que montaient les gens du Sentier et des environs pour faire de jolies petites fêtes. 
    On n'était pas exigeant, en ce temps-là, et l'on ne rêvait pas forcément d'aller se dorer la couenne sur les plages des îles au milieu de l'hiver. Juste un petit bol d'air le dimanche, histoire de se changer les idées, d'oublier quelque peu ces montres que le lendemain déjà l'on recommencerait à monter. On s'amusait de peu. Et l'on était heureux. Tranquille, c'est certain. 
    Ces côtes situées ainsi à proximité même des agglomérations, étaient autrefois divisées en parcelles nombreuses où les payans du village pouvaient faire pâturer, qui une vache et deux veaux, qui une vache et un veau! On peut imaginer qu'il y eut plus tard restructuration et que les nouvelles pâtures créées à partir de surfaces minimes, purent donner lieu à des alpages un peu plus conséquents sur lesquels on édifia des petits chalets. C'est tout au moins ce que nous révèle le cadastre de 1875. 
    Cette zone ainsi paisible, dotée d'une ambiance particulière, a su inspirer quelques auteurs locaux que l'on retrouvera si l'on daigne ouvrir ce petit dossier que nous dédions à tous ces anciens, auxquels, malheureusement, nous ne pouvons plus toucher la main!