39. La bouette, boëte ou encore boyte franc-comtoise
La Roche Bresenche et le chalet du Carroz, photo Auguste Reymond
    Un acte de 1635, que vous allez découvrir en annexe, prouve à la quasi certitude l'existence du vacherin déjà à cette époque en Franche-Comté voisine.
    L'acte fut libellé à la suite d'un incident grave qui allait mettre aux prises Combiers et Bourguignons, ces derniers, et ce ne sera qu'une fois de plus, venus prélever quelques plantes dans la forêt du Risoud, du côté de la Roche Bresenche. Nos hommes, peu contents de cette atteinte persistante à ce qu'ils considéraient comme leur chasse gardée, à juste titre d'ailleurs, cette fois-ci s'étaient armés, non pas seulement de fourches et de gourdins, mais aussi d'armes à feu. Dans la frénésie d'une rencontre puis d'une débandade, un coup de fusil fut tiré et un Bourguignon resta étendu sur la neige, raide mort.
    Ses collègues ne vinrent le rechercher que le lendemain. On imagine les réactions en leur village de Belle-Fontaine vis-à-vis de ces sacripants de Bernois, ainsi peut-être appelaient-ils nos prédécesseurs tous inféodés à LL.EE.
   Et que faisaient les habitants de Fontaine dans nos bois ? Ils coupaient de belles plantes afin d'en tirer  plus tard des "boytes". Quoi de plus naturel, en somme, que de se servir là où l'on peut ? Et surtout dans ces immenses no man's land forestiers aux propriétaires improbables.
    On trouvera dans ce même dossier une note très importante concernant ces mêmes "boytes".

1er juin 1751. Rapport de Roland. Contrôle de quelques particuliers du Bois d’Amont, conjointement avec des français. «Nous rencontrâmes un particulier du Bois d’Amont, en Franche-Comté, qui m’étoit connu pour venir fréquemment vendre des boîtes dans ce pays »[1]

[1]  ACV, Bb 365. Roland était secrétaire baillival de Romainmôtier. Nous sommes ici toujours en pleine période bernoise. Ce qui revient à dire que nos occupants, baillis de Romainmôtier en particulier, savaient parfaitement ce qu’était le vacherin qu’ils purent recevoir en cadeau à maintes occasions, ce que nous verrons ultérieurement.